Les origines

Les origines de l’ikebana remontent à l’introduction du bouddhisme au Japon. L’habitude était d’offrir des fleurs au Bouddha. Le bouddhisme zen est la source de cet art complexe et codifié où l’humain, en totale harmonie avec la nature, se doit de créer un objet de contemplation en adéquation avec son état d’âme. Ce sont les moines et Samouraï qui seront les précurseurs de cet art traditionnel.

An early 1900s photograph of ikebana in action. Spencer Collection, The New York Public Library


Depuis l’Antiquité,

Les Japonais vivent avec la nature et croient que les dieux descendent dans les montagnes, les rochers, les cascades et les arbres. L’art floral japonais Ikebana est enraciné dans ce profond respect pour les fleurs, les plantes et les arbres. Dans les sanctuaires Shinto, les prêtres mettaient des branches d’arbre à feuillages persistants dans des vases pour prolonger leur vie

« Un art ancestral dédié aux fleurs et à tous les végétaux. Il nait du respect envers la nature, profondément ancré dans la culture japonaise. »


Xe siècle,

Cet art sacré pratiqué uniquement par des moines attirait la cour en raison de son esthétique . Prêtres, Seigneurs et Samouraïs sont alors initiés à cet art. Dans les siècles qui suivirent, les cérémonies bouddhistes célébrées non plus uniquement dans les temples, participèrent à l’essor de l’ikebana


XVe siècle,

En 1445 paraît le SENDENSHO, l’un des plus ancien ouvrage sur le sujet. Ce texte fondateur recueille pour la première fois les instructions spécifiques sur l’arrangement floral japonais. Il servira de manifeste pour l’école IKENOBO qui voit le jour en 1462. Fondée par le grand maître Senkei IKENOBO, cette école formule pour la première fois et transmet les règles d’Ikebana en créant notamment le style RIKKA.


Au XVIe siècle,

Influencé par la période artistique de Muromachi (1333-1574), l’ikebana deviens un art visuel apprécié des nobles et des guerriers. La cour organise de nombreux jeux culturels, dont des concours de fleurs.


XVIIème siècle,

Les Tokugawa, une dynastie de shoguns qui dirigèrent le Japon au XVIIe siècle, vont participer à travers la transmission héréditaire (lemoto) à la tradition artistique de l’ikebana au sein de la classe marchande.


XVIIIe siècle,

Alors réservé uniquement aux hommes, l’ikebana est désormais pratiqué par les femmes comme un art du savoir vivre et d’agrément au sein de la classe aristocratique. C’est à cette époque que l’on verra arriver le style SHÔKA, un arrangement constitué de 3 éléments : le ciel, l’homme et la terre.


An early 1900s photograph of ikebana in action. Spencer Collection, The New York Public Library


XIXe siècle,

La multiplication des écoles démocratise cet art floral japonais ancestral. Le style Moribana commence à faire son apparition. Sa démocratisation internationale est favorisée par l’ouverture du Japon à l’Occident et la découverte de nouvelles variétés de fleurs. Unshin OHARA fonde sa propre école en 1895.


An early 1900s photograph of ikebana in action. Spencer Collection, The New York Public Library


A partir du XXe siècle,

Le style libre Jiyuka se développe. Des artistes inspirés de l’art contemporain créeront de nombreuses écoles, à partir de l’école SOGETSU créée par SOFU TESHIGAHARA en 1927.

La philosophie Ikebana

Ikebana signifie avant tout donner vie aux fleurs, les faire parler pour qu’elles nous montrent la voie vers la sagesse et la tranquillité. Le pratiquant doit apprendre le langage de la plante pour en comprendre sa philosophie. On appelle aussi l’ikebana le « kadô », c’est-à-dire le chemin des fleurs. (« ka », c’est les fleurs, « dô » c’est le chemin).

Au contraire de la forme décorative des arrangements floraux de chez nous, l’arrangement floral japonais crée une harmonie de construction linéaire, de rythme et de couleurs. Alors que nous tentons d’accentuer la quantité et les couleurs des fleurs, portant notre attention essentiellement sur la beauté de la fleur, les Japonais accentuent l’aspect linéaire de l’arrangement. Ils ont développé un art qui valorise aussi bien le vase, les tiges, les feuilles et les branches que la fleur elle-même. chaque fleur est importante, et chaque fleur a une position bien définie.

Pour composer un ikebana il faut se mettre à l’écoute de la nature, la ressentir pour l’imiter ; si cette branche est penchée, c’est que une autre lui faisait de l’ombre, il faut respecter l’histoire de la plante, c’est l’oeuvre de la nature. Il s’agit de rapprocher l’homme et la nature en jouant sur les formes et les volumes de la plante.

C’est un art qui repose l’esprit, le bouquet doit refléter l’état d’âme de la personne qui le compose.