La symbolique ikebana

La structure complète de l’arrangement floral japonais est axée sur trois points principaux symbolisant le ciel, la terre et l’homme à travers les trois piliers : asymétrie, espace et profondeur. Ces trois tiges représentaient le paradis, l’homme et la Terre. Le ciel est toujours représenté par le point culminant de la composition, l’humain se trouve en deuxième position vers le centre, et le sol à l’horizontale et plus bas que les deux autres.

Le ciel

Représenté par une forme érigée et bien dressée vous choisirez une branche, ou une hampe florale très rigide pour le figurer. Cet élément sera le point culminant de la composition.

L’humain

Situé dans le milieu du décor, souvent légèrement penché, il peut être représenté par une belle et délicate fleur centralisée ou par un feuillage texturé.

La terre

Elle, s’exprime au travers de végétaux placés au plus bas de la composition, parfois même à l’horizontale.

Les bambous symboliseront la prospérité, les fleurs de pêcher seront un hymne à la féminité, le camélia jaune représentera la nostalgie, le narcisse le respect ou encore la pivoine pour le courage.

« Tout l’art de l’ikebana consiste à dépouiller les branches pour apurer les lignes et conduire à un équilibre esthétique » 

La symbolique ikebana au fil des mois de l’année

  • Janvier : Le Pin
  • Février : Le Prunier
  • Mars : Le Cerisier
  • Avril : La Glycine
  • Mai : l’Iris
  • Juin : La Pivoine
  • Juillet : le Liseron
  • Août : Le Lotus
  • Septembre : l’Oeillet sauvage
  • Octobre : le Chrysanthème
  • Novembre : L’Erable
  • Décembre : Le Camélia

Le symbole des couleurs

Chez les bouddhistes, les éléments sont symbolisés par des couleurs, bleu pour l’air, jaune pour le vent, rouge pour le feu, blanc pour l’eau et nor pour la terre. Différents tons se trouvent dans les feuillages et les fleurs. Il faut apprendre à les regarder et jouer avec eux. Le contraste des tons et l’équilibre entre les couleurs gaies et les couleurs tristes permettent de créer l’harmonie.

Les styles d’ikebana

L’ikebana se décline en plusieurs styles, chacun traduisant une manière particulière de regarder la nature et de dialoguer avec le vivant. Du rikka, forme majestueuse et codifiée évoquant les paysages naturels, au shôka, plus épuré, centré sur l’équilibre et l’essence des plantes, l’ikebana explore la structure et le sens. Le nageire, libre et spontané, privilégie le geste naturel et l’élan, tandis que le jiyūka ouvre le champ de la création contemporaine, affranchie des règles traditionnelles. Ensemble, ces styles racontent l’évolution d’un art qui, entre tradition et liberté, invite à composer le temps, l’espace et le regard.

Les premières origines datent du XVème siècle our le grand maître Ikenobô Senkai formula les premières règles des arrangements rikka. Le style rikka ou « fleurs dressées » est une composition traditionnelle qui s’illustre dans des vases grands et fins.
Les rikka sont composés de sept ou neuf lignes de directions composées avec les fleurs ou les branches. La longueur et la position de ces éléments ont un sens symbolique défini. L’ensemble représente la montage mythique, le mont Sumeru, symbole de l’univers et objet du culte bouddhique: les branches de pin figurent les rochers et les pierres, les chrysanthèmes blancs, l’eau des rivières.

Les origines du style rikka

Le moine Senmu et ses disciples en art floral ont crée un centre qui au cours de l’histoire est resté très célèbre : le Rokkaku Dô à Kyoto. Le 45ème grand maître, Ikenobô Senkei, continue d’enseigner les règles de l’école selon lesquelles il faut exprimer les mouvements des fleurs sauvages dans les champs, l’harmonie du bleu du ciel, la brillance de l’eau ou la couleur des iris que l’on choisit pour contraster avec les reflets de la lune dans la clarté de l’été finissant.

« Une fleur vit chaque instant insaisissable dans l’attente d’être regardée, En silence, elle ne parle qu’à ceux qui la regardent et savent vivement pénétrer la nature.C’est ainsi que nous arrangeons les fleurs en écoutant les mots silencieux »

Ikenobô Senkei,

L’école Ikenobo est la plus ancienne et aussi la plus symbolique avec le rikka, type de bouquet qu’elle est seule à travailler et qui est très difficile à exécuter à cause du symbolisme de chacun de ses éléments. Le rikka représente l’univers tout entier, l’harmonie et le naturel du paysage sous la forme de la montagne mythique, le mont shumisen. Le style Rikka est un arrangement floral qui vise à transcender le monde naturel.

Il existe plusieurs arrangements traditionnels dont la particularité est d’être exécutés avec une seule espèce de végétaux variant selon la saison : au printemps, l’arrangement sera en pin ou en cerisier ; l’été en iris ou en lotus; pour l’automne on choisira le chrysanthème ou l’érable ; enfin en hiver le narcisse.

Les neuf dimensions du rikka


  1. Shin : le sommet
    2. Shôshin : une cime
    3. Soë : la montagne au loin
    4. Uke : les montagnes proches
    5. Nagashi : le village flottant
    6. Mikoshi : la ligne d’horizon
    7. Hikae : la ligne des collines
    8. : la colline d’ou jaillit la cascade
    9. Mae oki : le pied de la colline

Ce style est apparu à partir dès le XIVième siècle à l’époque des grandes rivalités féodales connues sous le nom de Muromachi (le palais des empereurs). L’essor de ce style est notamment liée à la démocratisation de la cérémonie du thé qui permis de le considérer comme un art en soi et non plus comme une pratique religieuse. Le style nageire ou « fleurs déposées » est le plus ancien et hérite de la tradition du thé, dépouillement, sobriété, harmonie. Les règles des bouquets se simplifièrent afin de permettre à toutes les classe de la société de pratiquer cet art et un nouveau style apparut : le nageire, style spontané, ou les fleurs sont disposées d’une manière naturelle. La richesse est dans le regard, dans l’intention.

Datant de l’époque Edo (XVIIIème siècle), ce style entre le rikka et le nageire est inspirée par la notion confucéenne (ciel, terre, homme) impose l’usage de 3 végétaux, trois lignes directrices, l’homme étant le lien entre le ciel et la terre. Il se pratique dans des vases larges et plats.

Style libre, le plus récent, il doit toutefois exprimer lui-aussi une saison dans la composition.